{"id":883,"date":"2024-07-16T19:23:41","date_gmt":"2024-07-16T17:23:41","guid":{"rendered":"https:\/\/comptoirdeslignes.com\/?p=883"},"modified":"2024-11-05T11:57:46","modified_gmt":"2024-11-05T10:57:46","slug":"un-atardecer-rojo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comptoirdeslignes.com\/index.php\/2024\/07\/16\/un-atardecer-rojo\/","title":{"rendered":"Un Atardecer Rojo"},"content":{"rendered":"\n<p>Galop, trot, galop, trot, trop, Galop\u2026 Mince. Je me suis encore tromp\u00e9. Fernande ma jument a le caract\u00e8re qui se g\u00e2te\u2026 Elle me descend d\u00e9licatement de mon tr\u00f4ne pour me dire s\u00e9ance tenante \u00ab\u2009\u00c9coute moi bien Barnab\u00e9, si tu n\u2019arrives pas \u00e0 retenir une s\u00e9ance de trois r\u00e9p\u00e9titions avec un soupir de d\u00e9marcation et une attitude d\u00e9contract\u00e9e, je te le demande o\u00f9 allons-nous? Sachant qu\u2019il reste 163 miles avant la prochaine station.<\/p>\n\n\n\n<p>Cesse de faire le polisson et conduis-moi !\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019appelle B.B. pour Barnaby Brown. Et elle, c\u2019est Fernande. Ma jument. Elle a v\u00e9cu dans un bordel de renom une bonne partie de sa vie chez mon amie Vani, m\u00e8re maquerelle de son \u00e9tat. Un lieu de d\u00e9bauche d\u2019exception dans un saloon de grande classe. Il y avait m\u00eame un jeune timor\u00e9 pour garer vos chevaux \u00e0 l\u2019entr\u00e9e avant d\u2019aller conter fleurette \u00e0 l\u2019\u00e9lue de votre c\u0153ur ou de raccommoder la crinoline de quelqu\u2019un. Cela d\u00e9pendait surtout de la chambre choisie et de son occupante. Une fois, lors d\u2019une d\u00e9gustation de breuvage, servi directement \u00e0 m\u00eame cette fiole en beau cristal, biberonn\u00e9e elle-m\u00eame par une bouteille en verre sans \u00e9tiquette, il va sans dire, j\u2019ai entrevu une tr\u00e8s belle dame espagnole aux cheveux noirs d\u2019\u00e9b\u00e8nes poursuivre un client en hurlant \u00ab\u2009vient donc l\u00e0 coquin que je te querelle\u2009\u00bb. Ne cherchant pas \u00e0 en savoir plus, j\u2019ai ador\u00e9 cette matin\u00e9e-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Grand admirateur des exercices de gymnastiques matinales de lulu la nantaise qui s\u00e9journait au troisi\u00e8me \u00e9tage, et de beaufort piedmont au troisi\u00e8me balcon en partant de la gauche, je m\u2019exalte \u00e0 penser que cette vie de d\u00e9bauche est finalement est une tr\u00e8s bonne id\u00e9e. Troisi\u00e8me gar\u00e7on d\u2019une fratrie de trois gaillards, nous serions rest\u00e9s en Europe, j\u2019aurais d\u00fb finir pr\u00eatre. L\u2019ain\u00e9 est devenu comte et a h\u00e9rit\u00e9 de la demeure familiale, des terres et des cr\u00e9ances. Si la bonne fortune venait seule, il n\u2019y aurait pas tant de personnes dans les \u00e9glises! Le second est premier lieutenant, fier comme Artaban de d\u00e9fendre notre drapeau, et bien moi, j\u2019y pr\u00e9f\u00e8re les drap\u00e9es, de soie, il va sans dire !<\/p>\n\n\n\n<p>Cur\u00e9\u2026 me voyez-vous donc ? Certainement pas moi ! N\u2019y voyez l\u00e0 aucune contrindication religieuse. Tr\u00e8s pieux de nature, je remercie constamment le ciel de m\u2019avoir donn\u00e9 une t\u00eate, deux jambes, une langue c\u00e2line et un c\u0153ur saillant.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, une belle brochette que cette famille Brown ! Je ne c\u00f4tois que rarement cette derni\u00e8re aujourd\u2019hui, car la distance physique vient s\u2019entrem\u00ealer avec la distance holistique. Et puis, par ailleurs, je me retrouverai par la force des choses en soutane et cela, je n\u2019y conc\u00e8de pas !<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s mon arriv\u00e9 aux Am\u00e9riques jusqu\u2019en 1900, j\u2019ai bivouaqu\u00e9 de ville en ville pour y trouver une place qui me dise bonsoir, une sorte de lanternon d\u2019\u00e9glise qui s\u2019allume \u00e0 mon passage et termine sa course par enlacer mon ombre. Parfois d\u2019ailleurs, mon ombre appr\u00e9ciait tellement ces interludes nocturnes qu\u2019elle d\u00e9lassait ses souliers, me quittait quelques heures pour revenir fatigu\u00e9e aux premi\u00e8res lueurs du jour. De bonne facture, je me contentais de sourire et ne posais jamais de question sur les tenants et aboutissants de ses exercices noctambules.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 10:14 du matin un mardi, au d\u00e9tour d\u2019un marchand de tapis bougon et antipathique, l\u2019on me conseille alors un receleur de livre pour qui d\u2019entrain mon \u00e2me se g\u00e2te prestement, car j\u2019ai toujours aim\u00e9 la compagnie des pages. Dans l\u2019\u00e9choppe, on sent la poussi\u00e8re et l\u2019encre des mots. Un petit gu\u00e9ridon couvert d\u2019une broderie \u00e0 d\u00e9cor de lys \u00e9gaie mon regard. Le portrait d\u2019une jeune femme y si\u00e8ge fi\u00e8rement. Elle porte un col rond dentel\u00e9 qui s\u2019\u00e9tend sur ce qui semble \u00eatre une robe pourpr\u00e9e, mais ce qui me frappe au grand bruit ce sont ses yeux, dont tous les oc\u00e9ans ne pourraient rendre une parure plus bleue. \u00d4 que ce cadre m\u2019attire, et mon d\u00e9sir s\u2019\u00e9tend le temps d\u2019un soupir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019aiguille de ma montre \u00e0 gousset est partie chanter la ritournelle. Diantre. Revenons \u00e0 notre arr\u00eat ! D\u2019un regard \u00e9parse on distingue des livres absolument partout. Je baisse la t\u00eate, des livres. Je tourne la t\u00eate \u00e0 droite, des livres. Je tourne la t\u00eate \u00e0 gauche, des livres. Je monte les yeux au ciel, des livres, mais j\u2019esquive de justesse ceux qui viennent de se casser la figure du haut de cette sentinelle de papier. En ramassant l\u2019arme du crime avort\u00e9, j\u2019y rencontre un ouvrage que j\u2019effeuille et dont les descriptions florales m\u2019exaltent. Une sorte d\u2019herbier dont le nombre cons\u00e9quent et certain d\u2019\u00e9tudes v\u00e9g\u00e9tales me donnent \u00e0 penser, \u00e0 r\u00eaver. Les couleurs sont encore vives, et je peux pratiquement d\u00e9celer les diff\u00e9rents parfums qui se pr\u00e9sentent \u00e0 moi en dansant.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019approche du marchand pour r\u00e9gler mon d\u00fb. Le vieil homme qui se tient en face de moi sourit. Il me regarde avec insistance..<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab&nbsp; C\u2019est amusant, parmi tous ses vieux amis c\u2019est son pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que vous tenez. Posez sans bruit et filez donc&nbsp;!\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le vieil homme retourna dans ses grimoires et apposa au passage une main d\u00e9licate sur ce cadre en bois dont un pouce caressa la chevelure blanche de cette belle enfant qui \u00e9tait la sienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Pensif, souriant, de guingois, je marche et me retrouve alors nez \u00e0 nez avec un \u00e9tablissement qui me semble des plus r\u00e9confortant, le saloon Magnifique.&nbsp; J\u2019y vois d\u00e8s lors une dame au bas r\u00e9sille \u00e9tirer les froufrous blanc et bleu de sa robe de sc\u00e8ne. Un sourire ni fait rien, effectivement, en face de ce bouquiniste, il y a des boucaniers. Mon histoire champ\u00eatre sous le bras je me dis qu\u2019une eau-de-vie de ne serait pas de refus. Timide, j\u2019h\u00e9site tout de m\u00eame \u00e0 passer la porte. Ces froufrous sont tout de m\u00eame bien imposants me dis-je tout bas, et puis, pris d\u2019un \u00e9lan de courage je me d\u00e9cide !<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait sans compter la lani\u00e8re en cuire de ma chaussure qui avait d\u00e9cid\u00e9 de filer \u00e0 l\u2019anglaise durant ma contemplation. \u00c2 les froufrous ! Je me retrouve ainsi s\u00e9ant assis sur mon s\u00e9ant. Un g\u00e9missement terrible s\u2019en suit et un ricanement exacerb\u00e9. Quelqu\u2019un se moque ais\u00e9ment de mon malheur. Je d\u00e9tourne mon regard et l\u00e0, c\u2019est une jument qui rigole \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u2009Dis donc jeune homme, ce sont les gambettes de ces dames qui vous mettent le train arri\u00e8re bas et la verve haute ? Si vous succombez avant d\u2019avoir pass\u00e9 l\u2019entr\u00e9e, je vous conseille un lait fraise\u00bb,&nbsp; dit-elle en riant \u00e0 naseaux d\u00e9ploy\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour qui se prend-elle, celle-l\u00e0\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u2009Gare \u00e0 tes abatis coquins !\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est comme \u00e7a que j\u2019ai rencontr\u00e9 Fernande. Nous entam\u00e2mes d\u00e8s lors une amiti\u00e9 fleurie o\u00f9 chacune de mes actions \u00e9tait analys\u00e9e, critiqu\u00e9e et raill\u00e9e ! Mais enfin, j\u2019avais enfin trouv\u00e9 quelqu\u2019un avec qui discuter. Fernande appartenait \u00e0 cette institution de renom. Les dames la chargeaient de remonter la grande place pour faire quelque emplette et\/ou de ramener \u00e0 l\u2019abreuvoir certains messieurs, quelque peu audacieux. On ne rigolait pas avec la patronne. Elle tenait sa maison virilement, d\u2019une main ferme dans un \u00e9crin de dentelle, mais de gr\u00e2ce gare \u00e0 la bosse si vous ne filiez pas droit. Elle avait toujours un holster \u00e0 sa jarretelle et tirait dans le mille \u00e0 chaque fois. Plus d\u2019un \u00eatre devenu monotesticulaire a entrevu le grand architecte en quittant le saloon. Une aubaine pour l\u2019\u00e9glise d\u2019en face et pour le m\u00e9decin du village. Au final, je n\u2019eus que peu d\u2019interaction avec elle, mais j\u2019appr\u00e9ciais les discussions que nous e\u00fbmes dans les vapeurs de l\u2019alcool, \u00e0 r\u00eaver de ch\u00e2teaux&nbsp; espagnols et aux temp\u00eates de rossignols.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai v\u00e9cu ici quelques ann\u00e9es durant, dans une chambre louer \u00e0 la semaine qui comportait pourtant un petit balcon, que je pr\u00eatais volontiers aux quelques coquineries que mon ombre entreprenait. Il y avait un fauteuil tapiss\u00e9 couleur bordeaux que j\u2019eusse utilis\u00e9 comme fauteuil de lecture. Trois ressorts au post\u00e9rieur manquaient, de ce fait, j\u2019\u00e9tais toujours un peu leste et proche du sol. J\u2019adorais placer ce dernier pr\u00eat de la fen\u00eatre pour y \u00e9crire aux lueurs de la journ\u00e9e, et proche de la lune pour y faire s\u00e9cher l\u2019encre de mon c\u0153ur. Cela contrastait dr\u00f4lement avec toutes les choses que j\u2019y ai vues, que je ne pensais pas voir ailleurs, autant au bar que sous le bar\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Un frisson me traverse.<\/p>\n\n\n\n<p>Amateur de mots, je quittais souvent mon bordel pour rendre visite \u00e0 ce bouquiniste et \u00e0 son magasin poussi\u00e9reux o\u00f9 les livres vous invitent \u00e0 les \u00e9treindre plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 les lire\u2026 Mince. Parfois les boucaniers, reprend le dessus ! On n\u2019\u00e9treint pas un livre. Voyons. Que non ! Mais\u2026 ce portrait me donne \u00e0 penser.. Que pour rendre service il faudrait m\u2019a\u00e9rer. En sympathisant avec ce vieux comp\u00e8re, il eut \u00e9t\u00e9 convenu que de temps en temps je fasse une menue livraison. Il fallait payer ma chambr\u00e9e et puis, je ram\u00e8ne bien des \u00e2nes sur les pr\u00e9s avoir trop \u00e9clus\u00e9 alors des livres !<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voil\u00e0 de retour sur la piste. Fernande bougonne comme \u00e0 son habitude, car je ne sais jamais o\u00f9 je vais, mais elle aime bien ma compagnie. On s\u2019attache \u00e0 ces canassons-l\u00e0. Aih. J\u2019ai re\u00e7u un coup de queue sur la fesse gauche. La marque va rester quelques jours.. Et elle sourit en plus de cela ! Maudite\u2026 AIh. Malotru\u2026\u2026 AIH.<\/p>\n\n\n\n<p>Arrivant au plus pr\u00e8s des rencontres jusqu\u2019au soleil, voil\u00e0 que Fernande acc\u00e9l\u00e8re !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u2009Veux-tu \u2026 bien\u2026 reprendre\u2026 un\u2026 rythme\u2026 TRO ! C\u2019est\u2026trop\u2026 FERNANDE !\u2009\u00bb dis-je en beuglant car mes fesses font office d\u2019amortisseur depuis bient\u00f4t un quart d\u2019heure ! Si nous devions continuer durant le temps qu\u2019il reste au trajet..Je n\u2019aime gu\u00e8re cette id\u00e9e-l\u00e0 !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u2009Beugle autant que tu veux Barny, nous devons arriver rapidement ! Il est bient\u00f4t l\u2019or !\u2009\u00bb Toutes voiles dehors, Fernande r\u00e9trograde et sans dire un mot laisse tomber la 5eme roue du carosse. <\/p>\n\n\n\n<p> en fon\u00e7ant \u00e0 travers les plaines. Un m\u00e9lange de terre s\u00e9ch\u00e9e et de sable m\u2019arrive au visage. J\u2019eus un air de d\u00e9gout et elle est ri cette \u2026. AIH.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout d\u2019une \u00e9ternit\u00e9 qui m\u2019a sembl\u00e9 ne vouloir jamais s\u2019arr\u00eater. Fernande freine des quatre fers et effectue un parcage en bataille entre un buisson et un grand arbre. Pas de luminaire pour indiquer la direction. \u00c9videmment, c\u2019est une habitude ! Je me rel\u00e8va alors, et, j&rsquo;ai chu. Un rire moqueur me caresse les oreilles et un museau reluisant me pousse le bras.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u2009Regarde idiot ! Non, dans l\u2019autre direction, et prend \u00e7a\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une agilit\u00e9 spectaculaire, Fernande me tend mon petit herbier qu\u2019elle m\u2019enfourne presque dans le bec. Au loin, le ciel se couche et prend cette magnifique teinte rouge. C\u2019est comme s\u2019il enfilait sa robe d\u2019\u00e9t\u00e9 avant d\u2019aller se coucher. Le moment le plus intime du roi et de sa cour d\u2019\u00e9toiles. Toutes les braises des feux \u00e9parses sur la plan\u00e8te se concentrent en son sein, et sa lumi\u00e8re perce mon front. Je plisse les yeux pour continuer de le contempler \u00e0 son apog\u00e9e. La golden hour, o\u00f9 toutes et tous sommes habill\u00e9s d\u2019une parure de lumi\u00e8re, comme pour partager sa chaleur. Plus je plisse, plus j\u2019y vois trouble, mais quelque chose au loin m\u2019y voit tr\u00e8s clair. Une crini\u00e8re blanche et blonde qui flotte au vent. Il y a quelqu\u2019un. Au cas o\u00f9 je n\u2019aurais pas compris le message Fernande me mord le coude.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">J\u2019y vais.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019astre n\u2019est pas la seule lumi\u00e8re \u00e9blouissante aujourd\u2019hui, et je reconnais la fille du bouquiniste, de ce portrait que j\u2019ai si souvent contempl\u00e9. Un bonjour sur des l\u00e8vres balbuti\u00e9es \u00e9treint mon \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u2009Que tenez-vous l\u00e0 ? C\u2019est mon herbier, c\u2019est mon atardecer rojo\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait un jour semblable \u00e0 tous les autres, il \u00e9tait donc diff\u00e9rent de tous.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous un atardecer rojo, je vois tes yeux bleus qui brillent bien davantage que L&rsquo;\u00c9toile du Sud, ses reflets roses saupoudrent ton regard et donnent \u00e0 cette r\u00eaverie un go\u00fbt d\u2019\u00e9ternit\u00e9. Je crois sans dire que je te suivrais au bout du monde. Fernande me fit un clin d\u2019\u0153il depuis sa position tout en me regardant hilare de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de sa petite but\u00e9e que formait un bosquet de terre s\u00e8che et de bois fum\u00e9. D\u00e9cid\u00e9ment, cette jument n\u2019a pas beaucoup d\u2019\u00e9ducation, mais qu\u2019est-ce qu\u2019elle me conna\u00eet bien.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Galop, trot, galop, trot, trop, Galop\u2026 Mince. Je me suis encore tromp\u00e9. 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