{"id":816,"date":"2024-04-30T19:33:34","date_gmt":"2024-04-30T17:33:34","guid":{"rendered":"https:\/\/comptoirdeslignes.com\/?p=816"},"modified":"2024-04-30T19:33:35","modified_gmt":"2024-04-30T17:33:35","slug":"dans-les-bras-de-la-fille-au-bouquet-de-colza","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comptoirdeslignes.com\/index.php\/2024\/04\/30\/dans-les-bras-de-la-fille-au-bouquet-de-colza\/","title":{"rendered":"Dans les bras de la fille au bouquet de colza"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00a0Du plus loin que je me souvienne, j\u2019ai en m\u00e9moire la vue que m\u2019offraient les champs de colza en fleurs, comme si la vall\u00e9e devenait sous mes yeux d\u2019enfant une mer jaune qui engloutissait les arbres et les maisons, sombrant dans cet oc\u00e9an ol\u00e9if\u00e8re. Plus que le souvenir, la sensation. Le printemps imprimait sur ma peau \u00e0 l\u2019or\u00e9e du r\u00e2le chaud du cr\u00e9puscule l\u2019embrun doux de la ros\u00e9e et la fragrance torr\u00e9fi\u00e9e de son pistil sourd en courant dans le champs, et la valse des nuages pour ciel de lit lorsqu\u2019innocemment je m\u2019y allongeais et m\u2019assoupis. J\u2019ai depuis lors une amiti\u00e9 particuli\u00e8re avec les fleurs, qui accompagne ma jeunesse pour que j\u2019\u00e9close, et aille d\u00e9velopper mon caract\u00e8re comme on ajuste ses p\u00e9tales. Depuis cette nuit mystique \u00e0 contempler les \u00e9toiles o\u00f9 les brins de colza s\u2019\u00e9levaient autour de moi, chaque nuit m\u2019est une nouvelle gestation o\u00f9 ma naissance au r\u00e9veil accouchait de pens\u00e9es nouvelles, comme une r\u00eaverie que je poursuivais \u00e9veill\u00e9, la nuit m\u2019ayant susurr\u00e9e quelques r\u00e9ponses aux myst\u00e8res de la vie ; et chaque soir \u00e9tait une nouvelle mort qui se profilait, comme une r\u00e9p\u00e9tition officieuse pour le jour de mon deuil o\u00f9 la complicit\u00e9 que j\u2019eusse entretenue ces ann\u00e9es durant avec les fleurs se verrait c\u00e9l\u00e9brer en inondant ma tombe. Aussi ce tr\u00e9pas renouvel\u00e9 ne me guidait-il pas vers ce jour inconnu dans une certaine indiff\u00e9rence, mais dans une suspicion camoufl\u00e9e, puisque contrairement au jour de ma naissance, que je croisais chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion de mon anniversaire, le jour de ma mort figurait pourtant parmi les 366 possibilit\u00e9s que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9es, et devenait d\u2019une accablante frayeur de le m\u00e9conna\u00eetre, mais d\u2019une excitation rationnelle de l\u2019avoir rencontr\u00e9 sans y pr\u00eater attention.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Les germes de l\u2019innocence ayant ensemenc\u00e9 l\u2019ire de ma curiosit\u00e9, j\u2019accompagnais r\u00e9guli\u00e8rement madame de Barington dans les jardins de ma bienfaitrice, la princesse d\u2019Estongarelle, \u00e0 la fin de l\u2019hiver avant que les colzas ne bourgeonnassent. Me recueillant dans une pension d\u2019\u00e9t\u00e9 o\u00f9 je passais les vacances d\u2019avril \u00e0 ao\u00fbt, madame de Barington m\u2019avait inculqu\u00e9 les rudiments essentiels du botaniste amateur, non seulement le nom des fleurs, et comment les entretenir, mais \u00e9galement comment s\u2019en \u00e9merveiller. Alors que j\u2019assemblais les branches d\u00e9chues des charmilles en fagots, une odeur douce et sucr\u00e9e vint chatouiller mes sens, et ma joie s\u2019en fut sentit si d\u00e9ploy\u00e9e que j\u2019avais alors \u00e0 \u00e9mettre le souhait de m\u2019installer aupr\u00e8s de ce buisson et de vivre en ermite, me d\u00e9lecter de cet air qui cr\u00e9ait en moi une accoutumance paradoxale, comme pour faire de ce parfum mon tombeau, et d\u2019un embaumement m\u2019y pr\u00e9parer. Et plus je d\u00e9cortiquais ce sentiment je le rapportais \u00e0 un souvenir de promenade au bord du canal o\u00f9, sans parvenir \u00e0 me souvenir si le parfum \u00e9tait le m\u00eame, il m\u2019invitait \u00e0 la m\u00eame d\u00e9pendance ; on m\u2019avait enseign\u00e9 alors qu\u2019il s\u2019agissait du ch\u00e8vrefeuille, et qu\u2019il para\u00eet \u00e0 merveille la m\u00e9lop\u00e9e puante de la vase du canal. Je m\u2019enquis alors de manifester cette joie immense que me procurait le ch\u00e8vrefeuille \u00e0 madame de Barington, propos duquel elle me gronda, arguant que ce n\u2019\u00e9tait pas du ch\u00e8vrefeuille mais du seringat, et que, puisque je n\u2019avais pu distinguer les deux, j\u2019avais pour punition d\u2019\u00f4ter le lierre envahissant du puit. Je crois savoir que depuis ce jour madame de Barington professait d\u2019un discours tout \u00e0 la fois abscons et suspicieux lorsqu\u2019elle me partageait sa science des fleurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9tions au P\u00e8re Lachaise, le jour o\u00f9 nous enterrions la princesse d\u2019Estongarelle ; de mon chagrin qui s\u2019\u00e9tait \u00e9tiol\u00e9, un bouquet de p\u00e9tunias dans les mains, j\u2019avais pourtant ressenti un agr\u00e9able soulagement, comme si ce sommeil qui m\u2019avait \u00e9pris plus jeune dans le champs de colza n\u2019avait d\u2019\u00e9ternel que le temps de le restituer \u00e0 la princesse, un temps qui fut une parenth\u00e8se dans la vie o\u00f9 elle s\u2019assurerait en me mettant sur le chemin de madame de Barington que je me coltinerais \u00e0 conna\u00eetre et cultiver les fleurs de son jardin sur celui de sa mort. Le courroux de la botaniste se fut sans doute fait entendre en voyant que mes mains se furent d\u00e9li\u00e9es du serment des chrysanth\u00e8mes, elle s\u2019adoucit toutefois en remarquant que la couronne que j\u2019avais tress\u00e9e de roses Samaritan et, quoiqu\u2019elles provinssent d\u2019un arbuste des plus rares du jardin elles fussent n\u00e9anmoins les pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es de la princesse. La c\u00e9r\u00e9monie d\u2019obs\u00e8ques se poursuivant, avec Mr. Wallis notre cocher &#8211; qui grattait le gravier des all\u00e9es du bout de ses bottes &#8211; et Mona la gouvernante, j\u2019aper\u00e7us se baladant \u00e0 l\u2019aff\u00fbt des tombes une jeune fille avec un bouquet de colza. Mais la couronne de Samaritan fut si odorante &#8211; non pas que, comme le cr\u00fbt madame de Barington, je les avais cueillies parmi les plus aromatiques du jardin, mais fra\u00eechement r\u00e9colt\u00e9es dans le parterre jouxtant le cimeti\u00e8re &#8211; que j\u2019associais son apparition \u00e0 ce parfum enivrant, et par extension au bouquet de colza. Et dans ma m\u00e9moire, le parfum du colza n\u2019\u00e9tait plus attach\u00e9 au souvenir de cette p\u00e2que \u00e9trange qui avait ravit la vie \u00e0 ma jeunesse dans le champs, puisque l\u2019image que j\u2019avais associ\u00e9e au colza n\u2019\u00e9tait elle-m\u00eame plus rattach\u00e9 \u00e0 son parfum, mais \u00e0 l\u2019irruption intempestive de cette silhouette jaune qui parasitait mes adieux \u00e0 la princesse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019inhumation n\u2019\u00e9tant plus dans nos m\u00e9moires qu\u2019une am\u00e8re acceptation d\u00e8s lors que la bi\u00e8re avait disparue de la surface douloureuse de nos pupilles, et que nous dodelinions t\u00eate baiss\u00e9e dans les all\u00e9es du cimeti\u00e8re ; j\u2019eus pour souhait de promener ma d\u00e9b\u00e2cle jusqu\u2019aux s\u00e9pultures de la mouvance delacrucienne, car je savais y trouver une sculpture d\u2019un artiste dont la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 n\u2019avait su recueillir son accolade, un certain Caudurier que j\u2019appr\u00e9ciai mais que la plupart de mes condisciples raillait. J\u2019observai d\u2019un coup de t\u00eate combien les tombes \u00e9taient moins fleuries, d\u00e9laiss\u00e9es, oubli\u00e9es d\u00e8s lors que s\u2019\u00e9loignait la Toussaint, et que le couperet tombant nous affligera probablement de la m\u00eame sanction \u00e0 notre fin ; sans fleurs, la promenade dans les sentiers du P\u00e8re Lachaise \u00e9tait morne et inodore, et qu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame oppos\u00e9 du calendrier le rival du premier novembre &#8211; le premier mai donc &#8211; malgr\u00e9 le printemps de sa robe d\u00e9bourrant, \u00e9tait du cimeti\u00e8re le plus sinistre des jours. Quand j\u2019arriva devant la statue, je compris in\u00e9vitablement pourquoi elle fut tant d\u00e9cri\u00e9e ; ce n\u2019est pas tant parce qu\u2019elle reprenait, copie conforme, la posture monumentale de la Pi\u00e9ta de Michel-Ange, et ainsi le d\u00e9funt reprenait la place du Christ dans une fusion inabordable et pour le moins anticl\u00e9ricale, mais parce que son sous-titre Mater Dolorosa ne laissait entrevoir, au travers du voile qui recouvrait sa chevelure et le myst\u00e8re de son visage, aucune larme et le nimbe d\u2019un sourire. Moi au contraire j\u2019admirais la technique de l\u2019artiste, la fa\u00e7on dont il rendit la transparence du voile en d\u00e9pit de la force de la pierre, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de la mantille en d\u00e9pit de sa lourdeur, le d\u00e9tail de la broderie malgr\u00e9 sa discr\u00e9tion. La sculpture \u00e9tait la Toussaint de l\u2019artiste qui avait d\u00e8s lors vu sa post\u00e9rit\u00e9 d\u00e9fleurir, et tous les artistes avec lui subissent la m\u00eame exaction. Pourtant au pied de la tombe, avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e une branche de colza.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais gard\u00e9 ce souvenir dans un coin de ma t\u00eate, alors que l\u2019\u00e9t\u00e9 durant je poursuivais mes le\u00e7ons d\u2019horticulture aupr\u00e8s de madame de Barington, et si le pupile que j\u2019\u00e9tais pour elle \u00e9tait auparavant le fruit d\u2019une assiduit\u00e9 forc\u00e9e, elle \u00e9tait depuis la disparition de la princesse une chaleur nouvelle que je conquis loin du manoir vide et froid d\u2019Estongarelle. Le soleil, chaud et g\u00e9n\u00e9reux, vint apaiser les affres et le lait de ma peau d\u2019hiver qui, \u00e0 son contact, refleurit. Son souffle ti\u00e8de et soyeux m\u2019appelait \u00e0 la clameur de l\u2019orangerie pour m\u2019\u00e9loigner des lignes glaciales de mes lectures. Madame de Barington m\u2019apprit alors le fastidieux usage de la patience, lorsque f\u00e9brile on m\u2019inculquait la taille du citronnier, \u00e0 le d\u00e9barrasser de ces appendices suffocant ; et plus les tiges fondaient sous mon s\u00e9cateur et du timbre exotique de ses bourgeons, plus le poids de mon chagrin pour la princesse semblait rendre un leste que je su porter. Nous p\u00fbmes cueillir les citrons d\u00e8s la fin du mois d\u2019ao\u00fbt et servir ma premi\u00e8re limonade la veille de mon d\u00e9part, pr\u00eat \u00e0 embrasser la fra\u00eecheur de la boisson comme j\u2019aimais \u00e0 croquer la vie, \u00e0 m\u2019en d\u00e9salt\u00e9rer, comme le serin dans un champs de p\u00e9tales jaunes fermait mes paupi\u00e8res sur cet \u00e9t\u00e9 suave, une parenth\u00e8se alti\u00e8re nous emportant dans des horizons suffisamment m\u00e9connus pour que, \u00e0 trop les fr\u00e9quenter qu\u2019il nous f\u00fbt interdit d\u2019en jouir davantage, nous admirassions ce chant commun en rouvrant les yeux pour la premi\u00e8re fois, mes devoirs m\u2019imposant de nouer une nouvelle conqu\u00eate avec le coll\u00e8ge.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence de madame de Barington n\u2019avait pas alt\u00e9r\u00e9 la science de son \u00e9ducation qu\u2019elle eut aupr\u00e8s de moi. Si je peux dire avoir appris \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s plus que dans les manuels de biologie &#8211; que les hussards en blouse grise martelaient \u00e0 coup de r\u00e8gle sur ma t\u00eate comme on enterrerait dans la terre un rang de piquets pour les noirs de Crim\u00e9e, et ce afin de fertiliser mon esprit &#8211; j\u2019engloutis davantage en ce cours \u00e9pistolaire ; et lettre apr\u00e8s lettre, mes petites cellules grises fleurirent et, rosier grimpant, se par\u00e8rent de pimpantes et p\u00e9tulantes aquarelles color\u00e9es \u00e0 la croissance et la cr\u00e9dence de ma raison. De la rondeur des lettres \u00e9l\u00e9gantes j\u2019entendais la voix de ma tutrice flatter que ma curiosit\u00e9 \u00e9tait l\u2019\u00e9tamine des p\u00e9tales dont la palette va du p\u00eache \u00e0 l\u2019indigo, c\u2019est-\u00e0-dire, sur le spectre des couleurs, pas aux extr\u00e9mit\u00e9s\u2026 mais presque ! La peine me serrait le c\u0153ur lorsque Madame de Barington poursuivit le r\u00e9cit d\u2019une toux qui \u00e9reintait sa trach\u00e9e, r\u00e9cit dont je n\u2019avais pas eu la gen\u00e8se. Je ne su qu\u2019au courrier suivant qu\u2019apr\u00e8s le dernier paragraphe o\u00f9 j\u2019avais trouv\u00e9 la fin bien abrupte il y avait un grand vide, mais que ma lectrice avait abandonn\u00e9 son encre bleue pour l\u2019essence invisible du jus de citron. Mon instinct me dicta alors pourquoi de toutes les fleurs du parc d\u2019Estongarelle celle du citronnier fut pour elle sa pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e ; c\u2019est qu\u2019elle laisse dans son sillage le pr\u00e9sage d\u2019un vide plein. La Toussaint approchant, la toux de madame de Barington se fit de moins en moins passag\u00e8re, j\u2019entrepris alors de mettre un terme \u00e0 notre correspondance, car na\u00efvement j\u2019accusais cet \u00e9change d\u2019information d\u2019\u00eatre la cause de la maladie qui empoisonnait le souffle de ma tutrice, et je me persuadais que si elle persistait \u00e0 me donner de ses nouvelles de son mal \u00e9tat elle ne pouvait que gu\u00e9rir puisque j\u2019avais \u00f4t\u00e9 de moi toute possibilit\u00e9 de le conna\u00eetre, et qu\u2019ainsi s\u2019en fut de mon fait et que ce fut moi qui l\u2019ai gu\u00e9rit. Je pensais encore qu\u2019elle se lamenterait de mon mutisme, mais l\u00e0 encore je n\u2019avais \u00e0 en souffrir puisque je m\u00e9connaissais son malheur et qu\u2019alors je concevais son bonheur. J\u2019appris que l\u2019imagination d\u2019un enfant n\u2019a d\u2019\u00e9gal pour consolider le bonheur, j\u2019appris \u00e9galement que les amiti\u00e9s sont comme les fleurs, et qu\u2019elles fl\u00e9trissent si l\u2019on n\u2019arrose, et que les amiti\u00e9s sont un engrais pour le c\u0153ur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il fallut \u00e9pousseter la neige pour d\u00e9crypter son \u00e9pitaphe, et du creux de la main \u00f4ter la poudreuse qui enveloppait sa tombe pour d\u00e9couvrir ce tr\u00e9sor cach\u00e9. J\u2019avais \u00e9tendu le bras, tel un roseau pour \u00e9clairer les cierges, et de sa chaleur d\u00e9voiler cette griffe invisible. Comme l\u2019un de ces limons exquis que j\u2019avais pris la patience et les coups de baguettes d\u2019apprendre, madame de Barington \u00e9tait une de ces pommes d\u2019or \u00e0 l\u2019\u00e9corce bien rude, \u00e0 la saveur agreste, \u00e0 l\u2019agression bienveillante qu\u2019elle enivre de l\u2019amertume de sa voix, et des p\u00e9pins d\u00e9sagr\u00e9ables qui se m\u00ealent \u00e0 ce charnier infernal ; elle \u00e9tait sans doute \u00e9galement un \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e2me atrophi\u00e9e qui m\u00e9rite que l\u2019on s\u2019arr\u00eate au sucre de sa rencontre, aussi fra\u00eeche qu\u2019une limonade en plein \u00e9t\u00e9, une saintet\u00e9 peinte \u00e0 l\u2019encre invisible que l\u2019on se devait de r\u00e9v\u00e9ler : et d\u00e9sormais je me rendais compte de cette vertu, et elle \u00e9tait alors ma plus belle rencontre de ce cimeti\u00e8re. Pourtant l\u2019on m\u2019avait t\u00e9moigner qu\u2019\u00e0 son tr\u00e9pas elle tenait farouchement en sa poigne un brin de colza. Je repensais alors \u00e0 cette fille au bouquet de colza que j\u2019avais entraper\u00e7u aux obs\u00e8ques de la princesse d\u2019Estongarelle, visualisais sa jupe jaune et son chemisier blanc, et le b\u00e9n\u00e9fice de ma m\u00e9moire vint au b\u00e9n\u00e9fice de sa candeur &#8211; et je ne sus dire si c\u2019\u00e9tait par pens\u00e9e qu\u2019elle me fut apparut ou si son apparition avait chuchot\u00e9 \u00e0 mon subconscient de penser \u00e0 elle &#8211; si bien que mes pens\u00e9es la rejoignant elles s\u2019\u00e9loignaient d\u2019autant de Mme de Barington qui n\u2019avait semble-t-il qu\u2019\u00e0 r\u00e9colter son brin de colza pour \u00e9chapper \u00e0 mon attention. La silhouette de la fille en jaune se d\u00e9coupait dans le blanc velours de l\u2019hiver qui drapait la parade fun\u00e8bre d\u2019un oubli \u00e9vasif. Je n\u2019avais qu\u2019une parole \u00e0 lui avouer, une question \u00e0 lui poser, des intrigues \u00e0 soulever et des r\u00eaves \u00e0 t\u00e9moigner, et toutes ces propositions trouvaient leur origine dans le refuge de Madame de Barington et la tombe de Caudurier qu\u2019elles avaient dans le colza. Finalement, c\u2019est \u00e0 trop s\u2019empresser que le bouquet de colza s\u2019\u00e9loigna, ne laissant dans la neige aucune trace \u00e0 remonter pour poser mes questions. Tr\u00e8s vite, le froid et les jours de l\u2019hiver m\u2019abandonn\u00e8rent \u00e0 une errance nocturne o\u00f9 le sommeil m\u2019avait l\u00e2ch\u00e9 dans ses draps. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mon attention s\u2019\u00e9veillait un peu, \u00e0 l\u2019amble d\u2019un malaise et d\u2019une dyspn\u00e9e grattante. Comme pour signifier que ce ciel de lit qui n\u2019offrait plus de voie aux \u00e9toiles, mon regard refusait de se laisser aller \u00e0 sa besogne quotidienne. La ritournelle cadenc\u00e9e que murmurait Mona \u00e9tait le seul balancier de mon agonie. Elle assurait d\u00e9licatement d\u2019une serviette que mon front fi\u00e9vreux et nimb\u00e9 ne me noie de la sueur qui expulsait la peste de mes entrailles, et l\u00e0, lov\u00e9 dans les \u00e9dredons je suintais de ce d\u00e9sir exquis qui r\u00eavassait dans ce tombeau hypnique le lit de ma ruine. Br\u00fblant et frigorifi\u00e9, tremp\u00e9 mais la bouche s\u00e8che, je baladais ma vertu \u00e0 l\u2019horizon d\u2019un oc\u00e9an de conscience, d\u00e9rivant sur la chaloupe de la d\u00e9liquescence, je me noyais dans un oxymore, comme courant \u00e0 nouveau dans un champ de colza, \u00e0 recueillir les perles de pluie sur les p\u00e9tales \u00e0 la ti\u00e9deur de la v\u00eapr\u00e9e. L\u2019\u00e9ponge aspirait comme il d\u00e9couvrait chaque asp\u00e9rit\u00e9 de mon visage, et ce reflux en fleur effleurait l\u2019affolante rafle comme une nef sur le fleuve afflue vers la fine fin, fleuve sur lequel je voguais \u00e0 l\u2019onde d&rsquo;un vertige me guidant, puisque en m\u2019\u00e9pongeant, on aspirait mon eau, mon \u00e2me, mon essence. Je parvins finalement \u00e0 ouvrir les yeux ; dans ma chambre elle venait me visiter, la jeune fille au bouquet de colza, sans consid\u00e9ration pour Mona qui soudain s\u2019\u00e9tait mise \u00e0 pleurer. Mon amie du cimeti\u00e8re, \u00e0 l\u2019allure ang\u00e9lique, s\u2019approcha, gracieuse sibylline, dans des pas de soie rose et lila, et \u00e9lan\u00e7a \u00e0 lippes tues la cage de ses bras sur mes \u00e9paules fr\u00eales ; en les passant autour de mon cou, les p\u00e9tales de colza chatouill\u00e8rent mes oreilles que la m\u00e9lodie de Mona n\u2019amenuisait, le refrain r\u00e9sonnant comme le dernier son que j\u2019eus pu entendre, et dans les bras de la fille au bouquet de colza au soleil accueillir ce pr\u00e9sage. Mais de cette \u00e9treinte, c\u2019est le musc du colza non seulement qui m\u2019embaumait, mais l\u2019acide aigreur du citron, et le seringuat, la Samaritan, le p\u00e9tunia, le ch\u00e8vrefeuille qui d\u00e9pos\u00e8rent sur moi la d\u00e9licieuse fragrance de la gu\u00e9rison.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Du plus loin que je me souvienne, j\u2019ai en m\u00e9moire la vue que m\u2019offraient les champs de colza en fleurs, comme si la vall\u00e9e devenait sous mes yeux d\u2019enfant une mer jaune qui engloutissait les arbres et les maisons, sombrant dans cet oc\u00e9an ol\u00e9if\u00e8re. Plus que le souvenir, la sensation. Le printemps imprimait sur ma peau \u00e0 l\u2019or\u00e9e du r\u00e2le chaud du cr\u00e9puscule l\u2019embrun doux de la ros\u00e9e et la fragrance torr\u00e9fi\u00e9e de son pistil sourd en courant dans le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":818,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-816","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-acte-xxiii-memento-mori"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Dans les bras de la fille au bouquet de colza - Le Comptoir des Lignes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/comptoirdeslignes.com\/index.php\/2024\/04\/30\/dans-les-bras-de-la-fille-au-bouquet-de-colza\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Dans les bras de la fille au bouquet de colza - Le Comptoir des Lignes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00a0Du plus loin que je me souvienne, j\u2019ai en m\u00e9moire la vue que m\u2019offraient les champs de colza en fleurs, comme si la vall\u00e9e devenait sous mes yeux d\u2019enfant une mer jaune qui engloutissait les arbres et les maisons, sombrant dans cet oc\u00e9an ol\u00e9if\u00e8re. 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