{"id":765,"date":"2024-02-29T23:20:37","date_gmt":"2024-02-29T22:20:37","guid":{"rendered":"https:\/\/comptoirdeslignes.com\/?p=765"},"modified":"2024-02-29T23:20:38","modified_gmt":"2024-02-29T22:20:38","slug":"la-gromna","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comptoirdeslignes.com\/index.php\/2024\/02\/29\/la-gromna\/","title":{"rendered":"La gromna"},"content":{"rendered":"\n<p>Quand on ne sait pas o\u00f9 l\u2019on va, on s\u2019attend parfois au pire, mais rarement au meilleur. Pourtant dans certaines villes, le pire est souvent une commodit\u00e9 que l\u2019on traverse \u00e0 chaque coin de rue, et o\u00f9 l\u2019on s\u2019accoutume \u00e0 penser que le meilleur est d\u2019avoir \u00e9chapp\u00e9 au pire &#8211; et donc, dans une moindre mesure, \u00e0 son quotidien. Rien d\u2019\u00e9tonnant, en outre, dans ce genre de r\u00eaveries urbaines con\u00e7ues par quelques farfelues, dont l\u2019imagination et l\u2019ambition ont dress\u00e9 les raisons &#8211; tant\u00f4t personnelles lorsqu\u2019il s\u2019agissait de mat\u00e9rialiser les d\u00e9lires, lubies et autres fantasmes nostalgiques des fans de Sci-Fi des ann\u00e9es 80 &#8211; davantage que les \u00e9lans humanistes qui n\u2019auraient pour satisfaire ce caprice que l\u2019espoir de repousser les limites du possible : une ville verte et autonome qui d\u00e9fie l\u2019entendement en s\u2019affranchissant des morales \u00e9dict\u00e9es par la doxa \u00e9cologique (qui invite les populations \u00e0 justement s\u2019\u00e9chapper de leur quotidien pour fuir ce confort polluant mais qui, d\u2019une autre main, poussent ceux-l\u00e0 m\u00eame \u00e0 des modes de consommation malsains, sachant que de toutes mani\u00e8res ils s\u2019y jetteront). Une ville verte et autonome, mais une ville intelligente o\u00f9 la domotique est l\u2019esclave et le roi.\u00a0<br>Aussi ne me suis-je pas figur\u00e9 avoir \u00e9chapp\u00e9 au pire en m\u2019y rendant, pour avoir fui mon quotidien puisqu\u2019on m\u2019y avait envoy\u00e9. Et en me confrontant \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 de cette horreur, j\u2019y ai vu le pire de ce \u00e0 quoi je m\u2019attendais ; j\u2019ai par ailleurs fait l\u2019acquisition &#8211; \u00e0 savoir si ce fut moi ou elle qui m\u2019adopt\u00e2t &#8211; d\u2019une de ces charmantes bestioles de ce genre de l\u00e9zard boursouffl\u00e9 recouvert de m\u00e9tastases enfl\u00e9es et oliv\u00e2tres qui composait la faune de cette zone g\u00e9ographique entre jungle et mangrove o\u00f9 les catastrophes nucl\u00e9aires ne sont pas, \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, sorties de leur quotidien et qui, \u00e0 la suite du pire, ont envahi les villes, toutes les villes. \u00c0 peine mon petit compagnon &#8211; qui rugissait de mignonnets borborygmes entre le ronronnement et le caqu\u00e8tement que j\u2019ai vainement tent\u00e9 de transcrire par l\u2019inf\u00e2me \u00ab\u00a0GRAOUR\u00a0\u00bb &#8211; et moi-m\u00eame avions quitt\u00e9 le speeder faisant la navette entre l\u2019astrogare et la ville (et qui co\u00fbte une blinde lorsqu\u2019on est accompagn\u00e9 d\u2019animaux) que je ne pus qu\u2019admirer ces massives avenues, qu\u2019un architecte ent\u00eat\u00e9 n\u2019eut d\u2019autre id\u00e9e pour affirmer son amour pour le cubique que d\u2019en faire l\u2019\u00e9l\u00e9ment primordiale de son ing\u00e9nierie ; et il me vint \u00e0 l\u2019esprit que ce que traduisaient ces boulevards de pierres jaun\u00e2tres que l\u2019on croirait sales, m\u00eame propres, qui se panachaient de marbrures ocres sous les alluvions des pluies acides (un paysage somme toute semblant dessin\u00e9 \u00e0 la sanguine), c\u2019\u00e9tait que les Borromini, les Mansard et Garnier s\u2019appuyaient sur la le\u00e7on vitruvienne d\u2019un \u00eatre qui ne fait qu\u2019un avec le b\u00e2timent : l\u2019apparence, les pens\u00e9es, la vocation et le testament \u00e9taient inscrits, l\u00e0, dans le marbre. L\u2019humain et le b\u00e2timent se construit, pierre apr\u00e8s pierre, pour exister par del\u00e0 l\u2019existence. Mais l\u00e0 qu\u2019en dire ? C\u2019est un cube ! Une construction compacte qui traduisait les pr\u00e9jug\u00e9s que l\u2019on porte \u00e0 ces \u00e9nergum\u00e8nes que l\u2019on croit conna\u00eetre et comprendre, appr\u00e9hender dans son ensemble en un seul coup d\u2019\u0153il. Un Cube ! Comme si l\u2019humanit\u00e9 n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un amas sans vie, une pluralit\u00e9 informe, terne, sans couleurs ni \u00e9clat, sans id\u00e9es. O\u00f9 sont le tout num\u00e9rique et les voitures qui volent, que nous vantions dans notre enfance ? O\u00f9 sont-ce sur ce pseudo-Tatooine ? Le monde n\u2019est-il plus qu\u2019une p\u00e2le copie de nos r\u00eaveries, sans le r\u00eave. Un reflet grav\u00e9 sur les m\u00e9moires de nos enfances qui n\u2019a su, de nos offenses, comment mourir. Pourtant, malgr\u00e9 les tribulations qui bourdonnent et chamaillent le fil de mes pens\u00e9es, il me faut, s\u00e9ance tenante, apaiser ma col\u00e8re, car me voici arriv\u00e9 \u00e0 destination.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>WOOOSHHH<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0WOOOSHHH\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9trillait le compacteur apr\u00e8s le lancement de la proc\u00e9dure d\u2019essai.<br>&#8211; Vous voyez ?<br>&#8211; Non, mais j\u2019entends ! Et ce que j\u2019entends, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas le moindre d\u00e9faut\u2026 Le conduit est propre, le silence est souple. Non vraiment, c\u2019est clair comme un jour de d\u00e9sertion, riais-je.\u00a0<br>&#8211; Attendez, le pire vient apr\u00e8s.<br>\u00ab\u00a0WOOOSHHH\u00a0\u00bb<br>&#8211; Vous voyez ?<br>&#8211; Ah non, r\u00e9pondis-je. Non il n\u2019y a pas \u00e0 tortiller, c\u2019est m\u00eame mieux qu\u2019avant !<br>&#8211; Je comprends pas, fit mon interlocuteur interloqu\u00e9.<br>&#8211; Vous ne comprenez pas quoi ?<br>&#8211; Si \u00e7a fait WOOOSHHH, c\u2019est mauvais signe, non ?<br>&#8211; Non, WOOOSCHHH c\u2019est plut\u00f4t normal, c\u2019est si \u00e7a fait PSCHIII que \u00e7a pue la merde, maintins-je, p\u00e9dagogue.<br>&#8211; Je sais pas, je connais pas le nouveau syst\u00e8me. Moi quand j\u2019entends \u00ab\u00a0PSCHIII\u00a0\u00bb en g\u00e9n\u00e9ral c\u2019est les r\u00e9actions susurr\u00e9es des agac\u00e9s quand j\u2019explique quelque chose. Mais sur la machine, c\u2019est soit \u00e0 cause du v\u00e9rin, soit une fuite dans l\u2019imperm\u00e9abilit\u00e9 des durites.\u00a0<br>&#8211; Oui, bon effectivement l\u00e0, si le probl\u00e8me vient du v\u00e9rin ou des durites c\u2019est pas bon signe.<br>&#8211; Oui mais non, parce que l\u00e0, \u00e7a fait \u00ab\u00a0WOOOSHHH\u00a0\u00bb et pas \u00ab\u00a0PSCHIII\u00a0\u00bb, donc \u00e7a vient pas du v\u00e9rin. J\u2019y comprends rien \u00e0 ces fadaises, pour moi c\u2019est du vent.<br>&#8211; Attendez, m\u2019interrogeais-je magnanime, vous \u00eates bien le responsable de l\u2019entretien du r\u00e9seau ?<br>&#8211; Oui.<br>&#8211; Vous allez me dire pourquoi vous m\u2019avez fait venir de l\u2019autre bout de la plan\u00e8te ou je vous en colle une !<br>&#8211; Mais je me tue \u00e0 vous le dire, quand j\u2019allume le bazar, \u00e7a fait \u00ab\u00a0WOOOSHHH\u00a0\u00bb.<br>Cela faisait bient\u00f4t une heure que nous tournions en rond ; mon interlocuteur maintenant que ce qu\u2019il prenait pour un d\u00e9faut \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 le fonctionnement normal. Je ne parvenais pas \u00e0 d\u00e9terminer s\u2019il \u00e9voluait dans un paradigme, de ceux que l\u2019on ne per\u00e7oit que sous un certain \u00e9clairage, une certaine appr\u00e9hension dont disposerait une minorit\u00e9 fantasque mais sensible, ou bien s\u2019il n\u2019avait, \u00e0 la naissance, \u00e9t\u00e9 dot\u00e9 de ce qu\u2019il fallait pour comprendre le limpide. Je me dus alors de diriger la conversation comme on prend un enfant par la main.<br>\u00ab\u00a0\u00c7a fait WOOOSHHH depuis combien de temps ? m\u2019enquis-je.<br>&#8211; Depuis le d\u00e9but !<br>&#8211; Depuis le\u2026? Et vous ne vous \u00eates pas dit que si le bruit est l\u00e0 depuis le d\u00e9but c\u2019est que \u00e7a va avec la panoplie ?<br>&#8211; Je vous dit que j\u2019y comprends rien, c\u2019est pour \u00e7a que je vous ai appel\u00e9 ! Imaginez que \u00e7a soit grave et que \u00e7a empire, j\u2019allais pas attendre plus. Bon de toute fa\u00e7on j\u2019ai bien compris que vous me preniez pour une truffe. Mais le compacteur, WOOOSHHH ou pas, il fonctionne bien.<br>&#8211; Ah ! La bonne heure ! fit-je, soulag\u00e9.<br>&#8211; Donc l\u00e0, j\u2019attends \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du bazar, et si \u00e7a ne fait pas WOOOSHHH, je vous appelle ?<br>&#8211; Oui, enfin non vous n\u2019\u00eates pas oblig\u00e9 d\u2019attendre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 que \u00e7a fasse WOOOSHHH, ce serait dommage.<br>&#8211; Alors j\u2019attends \u00e0 c\u00f4t\u00e9, et si \u00e7a fait PSCHIII je vous appelle, c\u2019est \u00e7a ?\u00a0\u00bb<br>Je d\u00e9cidais de l\u00e2cher l\u2019affaire en saluant le responsable du r\u00e9seau. J\u2019avais d\u2019autres projets en ville pour la journ\u00e9e et, en bas de l\u2019immeuble, sautais dans la premi\u00e8re rame du transport en commun typique de cette urbanit\u00e9 &#8211; sorte de compartiment cylindrique qui glissait, par un jeu d\u2019air comprim\u00e9, dans un long tuyau de verre. C\u2019est alors, une fois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, les portes couliss\u00e8rent et le wagon d\u00e9marrant, que mon oreille experte d\u2019ing\u00e9nieur per\u00e7ut ce discret \u00ab\u00a0PSCHIII\u00a0\u00bb.<br>&#8211; Ah bah non, m\u2019\u00e9criais-je, alangui, c\u2019est pas au point du tout\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>GRAOUR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La salle d\u2019attente du v\u00e9t\u00e9rinaire me rappelait alors les halls de gare o\u00f9 l\u2019impatience est de mise et s\u2019adonne \u00e0 une danse d\u00e9moniaque dans les dents de l\u2019imperceptible cri de l\u2019inattendu, o\u00f9 nous nous accoutumons \u00e0 cet espoir d\u2019avoir un train \u00e0 l\u2019heure, de s\u2019interroger sur la tenue de notre futur le plus proche que constituait notre voyage, quand nos pens\u00e9es sont dict\u00e9es davantage par l\u2019histoire qui se fait l\u2019\u00e9talage dans la vie des autres et que &#8211; par impudeur, histrionisme ou ignorance &#8211; elles nous rendent sourd aux clameurs de notre moi int\u00e9rieur. Je me figurais alors que l\u2019\u00e9\u2026 \u00ab\u00a0MAAAAOOU ?\u00a0\u00bb. Oh. Veuillez pardonner cette parenth\u00e8se qui me fut susurr\u00e9 au creux de l\u2019oreille par le miaulement d\u00e9licat d\u2019un chat qu\u2019une entorse abr\u00e9geait le quotidien d\u2019une br\u00fblante torture. Je disais donc, assistant \u00e0 ce th\u00e9\u00e2tre formidable qui se jouait sous mes yeux dans le hall de la gare, que je me figurais que l\u2019\u00e9go\u00efsme est un amour de soi et un oubli des autres, que l\u2019on retrouve d\u2019ailleurs particuli\u00e8rement chez les tartarins et les histrions que j\u2019\u00e9voquais tout \u00e0 l\u2019heure, et qu\u2019\u00e0 force de les observer j\u2019eus tendance \u00e0 penser que ce qui les caract\u00e9risaient commun\u00e9ment \u00e9taient qu\u2019ils soliloquaient davantage qu\u2019ils ne divaguassent. Pourtant on ne peut aimer seul ; on aime et est aim\u00e9 par le regard des autres. Aussi en d\u00e9finitive, \u00eatre \u00e9go\u00efste c\u2019est un oubli des autres, un oubli de soi.\u00a0<br>Quant \u00e0 la petite cr\u00e9ature qui tr\u00f4nait sur mes genoux, elle me t\u00e9moignait d\u2019une imputrescible fid\u00e9lit\u00e9 en contemplant \u00e0 ma suite ce hall o\u00f9 se dictaient les \u00ab\u00a0MEOOOW\u00a0\u00bb tracas du monde animal face \u00e0 l\u2019inconnu. Ah ! Cette fois-ci c\u2019est un chat am\u00e9ricain qui m\u2019a coup\u00e9 ! Mon l\u00e9zard taisait son timide graour face \u00e0 l\u2019abondant floril\u00e8ge de coassement qui d\u00e9laissait la mis\u00e9ricorde pour pardonner ces affronts aux tympans et \u00ab\u00a0GAEGUL GAEGUL\u00a0\u00bb Bon sang ! On ne peut donc d\u00e9cemment d\u00e9rouler le fil de ses pens\u00e9es sans qu\u2019une grenouille cor\u00e9enne n\u2019y d\u00e9roge. Mon impatience cr\u00e9pitait comme on attend un train qui n\u2019arrive pas, alors que, d\u00e9clamant un \u00ab\u00a0GRAOUR\u00a0\u00bb incessant mon l\u00e9zard compatissait \u00e0 ma hargne. Soudain, mon num\u00e9ro fut enfin appel\u00e9, et le si\u00e8ge sur lequel je fus install\u00e9 s\u2019enfon\u00e7a dans le carrelage pour rejoindre la pi\u00e8ce du dessous.\u00a0<br>Quand je d\u00e9posa mon l\u00e9zard sur la table d\u2019auscultation, le v\u00e9t\u00e9rinaire l\u2019empoigna, d\u2019une mani\u00e8re pr\u00e9cise mais virulente, l\u2019examina sous toutes les coutures avant de me signifier :<br>\u00ab\u00a0Il a beaucoup de chances ce petit\u2026<br>&#8211; Pardon ? Vous appelez \u00e7a de la chance ! fulminais-je.<br>&#8211; Oui de la chance. Que pensez-vous \u00eatre le pire pour lui ?\u00a0\u00bb<br>Je r\u00e9pondit derechef.<br>\u00ab\u00a0Le pire ? Mais \u00e7a : gonfler avec plein de plaies purulentes partout et \u00e9chouer dans un environnement qui n\u2019est pas le sien !<br>&#8211; Hum, fit le v\u00e9t\u00e9rinaire, je vous prescris un antibiotique et vais lui faire une injection d\u2019amoxicilline, afin qu\u2019il ne souffre pas trop\u2026<br>&#8211; Il souffre comment ? lui demanda-je.<br>&#8211; Boarf. Toutes ces cicatrices causent surtout des d\u00e9mangeaisons, mais la douleur est faible pourtant bien pr\u00e9sente, ce qui la rend terrible : discr\u00e8te et omnipr\u00e9sente. Et ce genre de douleur, on en vit tous, m\u00eame si elles ne sont pas forc\u00e9ment physique. Les plus grandes douleurs que l\u2019on prom\u00e8ne, elles sont l\u00e0, dans votre t\u00eate. Vous pensez, vous, que votre quotidien soit meilleur que le sien ?<br>&#8211; Oui. Je n\u2019ai subi aucune catastrophe qui m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 fuir, et j\u2019ai une bonne sant\u00e9\u00a0\u00bb.<br>Le v\u00e9t\u00e9rinaire marqua une pause avant de reprendre.\u00a0<br>\u00ab\u00a0Pour votre l\u00e9zard, le meilleur qu\u2019on pouvait lui souhaiter, si ce fut de vivre dans sa mangrove, ce meilleur-l\u00e0 n\u2019existe plus depuis qu\u2019on a d\u00e9cid\u00e9, pour des raisons environnementales de r\u00e9introduire dans la jungle des esp\u00e8ces qui sont pour lui des pr\u00e9dateurs. Alors pouss\u00e9 par des \u00e9manations radioactives qui l\u2019a \u00e9loign\u00e9 de la comestibilit\u00e9, cette esp\u00e8ce nomade n\u2019a fait que s\u2019\u00e9loigner du pire ; et en plus de cela, alors que la plupart de ses cong\u00e9n\u00e8res erre dans les parages, lui a trouv\u00e9 quelqu\u2019un pour le prendre sous son aile. Voyons. Vous pensez vraiment que votre quotidien soit meilleur que le sien ? Moi je ne pense pas\u00a0\u00bb.\u00a0<br>Mon petit l\u00e9zard, pour toute conclusion, l\u00e2cha un timide \u00ab\u00a0GRAOUR ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>TIC TAC TIC TAC TIC TOC TIC TAC<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je commen\u00e7ais \u00e0 \u00eatre passablement contrari\u00e9 par cette journ\u00e9e qui ne laissais poindre \u00e7a fin qu\u2019\u00e0 l\u2019aune de mon agacement. La ville plongeait doucement dans l\u2019obscurit\u00e9, et n\u2019avait de meilleur id\u00e9e pour y pallier que de s\u2019\u00e9clairer de n\u00e9ons et de panneaux LEDs bigarr\u00e9, du vert, du jaune et du orange, qui semblait s\u2019accommoder de ma col\u00e8re, mon aigreur et mon mal-\u00eatre.\u00a0 Pourtant, la cit\u00e9 accueillait sans doute le dernier horloger de la plan\u00e8te, qui travaillait encore sur du mat\u00e9riel ancien, des antiquit\u00e9s qui fonctionnaient encore avec des aiguilles, alors que la plupart des passants traine \u00e0 leur poignet les montres connect\u00e9s qui ont pullul\u00e9 sur le march\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ivresse, jusqu\u2019\u00e0 essorer et lessiver notre demande ; mais puisque les radiations ont eu des lourdes incidences sur la connectique et interf\u00e9r\u00e9 sur les ondes, ce genre de montre n\u2019avait d\u2019autre besogne, \u00e0 moins d\u2019\u00eatre recharg\u00e9, de donner l\u2019heure. Ainsi l\u2019on se pare d\u2019inutile et de ridicule.\u00a0<br>En rentrant dans la boutique, une clochette tinta, comme ce fut la coutume quelques si\u00e8cles plus t\u00f4t, et ma pr\u00e9sence incandescente, tout en s\u2019\u00e9loignant de la factice lumi\u00e8re de la rue, irradiait de ce son qui fondit au milieu d\u2019un concert de minuterie : \u00ab\u00a0TIC TAC TIC TAC TIC TAC\u2026\u00a0\u00bb. Au guichet, l\u2019horloger m\u2019attendait, s\u2019empara de la montre que je lui tendis, en m\u00eame temps que mon bonjour. Il l\u2019ausculta imm\u00e9diatement comme si, d\u2019un regard, d\u2019une \u00e9coute, il avait compris le probl\u00e8me. Moi, perdu dans cette for\u00eat de son qui se r\u00e9p\u00e9tait inlassablement, je repensais \u00e0 ce que m\u2019avait dit le v\u00e9t\u00e9rinaire. Mon quotidien \u00e9tait-il pire que ce que je me figurais, o\u00f9 la vision que j\u2019en avais \u00e9tait-elle meilleure que je ne le vivais ? Sans doute avait-il r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une lassitude que je n\u2019osais m\u2019avouer mais que, parce que mon l\u00e9zard m\u2019avait un instant \u00e9chapp\u00e9 de mon quotidien, je me suis soudainement dessin\u00e9 comme sur un tableau noir que l\u2019on a trop recouvert de craie \u00e0 force de supposer, de souscrire et de fondre dans un agglom\u00e9rat asphyxiant mais coh\u00e9rent, en me confrontant \u00e0 la r\u00e9paration du r\u00e9seau plus t\u00f4t dans la journ\u00e9e. Mais je m\u2019enchantais davantage, r\u00e9ceptif aux chants des montres, de leur TIC TAC TIC TAC, de cette arythmie cadenc\u00e9e qui me faisait voir comme un autre monde qu\u2019il est possible de contempler. J\u2019interrogeais l\u2019horloger :<br>\u00ab\u00a0Vous parvenez \u00e0 entendre le probl\u00e8me de ma montre avec tout ce tintouin ?<br>&#8211; Vous savez, r\u00e9pondit-il, je connais tous ces tintements, je les ai accompagn\u00e9, j\u2019ai apport\u00e9 ce que je pouvais pour am\u00e9liorer l\u2019ensemble, cr\u00e9er une vaine harmonie. Mais quand on m\u2019apporte une montre que je ne connais pas, c\u2019est comme un percussionniste avant-gardiste dans un orchestre classique : il d\u00e9chante et on le remarque. Non pas que ce qu\u2019il propose soit de mauvais augure, mais il s\u2019\u00e9chappe du quotidien, du meilleur, comme du pire. Il est juste diff\u00e9rent. Alors il est int\u00e9ressant d\u2019\u00e9couter, de remettre en question la coh\u00e9rence de notre monde, l\u2019harmonie. Et vint ce moment o\u00f9 l\u2019on doit faire un choix : soit s\u2019adapter, soit le corriger. \u00c9coutez\u00a0\u00bb.<br>\u00ab\u00a0TIC TAC TIC TAC TIC TAC\u00a0\u00bb faisait la douce cacophonie. &#8211; Je n\u2019entends rien de particulier, fit-je na\u00efvement.<br>&#8211; N\u2019entendez pas, \u00e9coutez\u00a0\u00bb.<br>\u00ab\u00a0TIC TAC TIC TAC TIC TOC TIC TAC TIC TAC\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Vous savez ce que j\u2019aime avec les montres et les horloges ? demanda-t-il alors que le carillon retentissant d\u2019une pendule Art d\u00e9co de 1925 martelait le temps qui passait, ce que j\u2019aime par dessus tout c\u2019est la vir\u00e9e quantique que leur musique emporte. Les sons \u00e9voluent : le Klaxon d\u2019un speeder, le vibrato d\u2019un trombone, le cr\u00e9pitement d\u2019un \u00e9cran. L\u2019usure les modifie, les d\u00e9voie, mais pas les montres ; et de savoir que le son que j\u2019entends fut le m\u00eame son qu\u2019ont pu entendre des visiteurs ancestraux me transporte dans un univers o\u00f9 je n\u2019ai de mati\u00e8re. J\u2019entre alors en contact avec ces autres avec qui je partage ce son. Le tout c\u2019est de savoir o\u00f9 l\u2019on est, o\u00f9 l\u2019on va : c\u2019est la notre seule diff\u00e9rence avec les m\u00e9lomanes du pass\u00e9, ce qui savent et ont su \u00e9couter et pas d\u2019entendre\u00a0\u00bb.<br>Il posa un regard bienveillant \u00e0 ma montre en la faisant tourner dans ses doigts, avant de me saluer :<br>\u00ab\u00a0Elle marche tr\u00e8s bien votre montre, elle marche diff\u00e9remment des autres, c\u2019est tout\u00a0\u00bb, conclut-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je quittais la boutique, l\u2019horloger la fermait en glissant les grilles et en tirant le store, dans un CLING CLING BAM amusant. La journ\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 \u00e9prouvante, \u00e9pouvante. Je regardais mon graour qui me fixait l\u2019air de dire \u00ab&nbsp;O\u00f9 va-t-on&nbsp;\u00bb sauf qu\u2019il ne rugit simplement que GRAOUR, mais un \u00ab&nbsp;GRAOUR&nbsp;\u00bb plein d\u2019amiti\u00e9, feignant de poser la question parce que, durant la journ\u00e9e m\u2019apprivoisant, il connaissait la r\u00e9ponse. Moi je voyais ce petit \u00eatre que je croyais malheureux, loin de chez lui et sans plus de pr\u00e9dateurs, n\u2019\u00e9tait pas \u00e9gar\u00e9 mais \u00e9tait venu me chercher. Et moi, petite montre qui sonnait bizarre j\u2019errais dans ce monde qui me dig\u00e9rais, je d\u00e9cida de raccompagner mon graour chez lui, en souhaitant que son monde veuille m\u2019adopter. J\u2019allais sur les chemins de ma fortune o\u00f9, loin des villes futuristes, je m\u2019attelais enfin \u00e0 m\u2019attendre au meilleur.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on ne sait pas o\u00f9 l\u2019on va, on s\u2019attend parfois au pire, mais rarement au meilleur. Pourtant dans certaines villes, le pire est souvent une commodit\u00e9 que l\u2019on traverse \u00e0 chaque coin de rue, et o\u00f9 l\u2019on s\u2019accoutume \u00e0 penser que le meilleur est d\u2019avoir \u00e9chapp\u00e9 au pire &#8211; et donc, dans une moindre mesure, \u00e0 son quotidien. 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